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14.06.2008

sans titre

La décharge publique, un musée qui a raté son coup
La vie a du goût, un drôle de goût même

Je hante les terrains vagues avec la plus grande précision

Une place pour chaque chose et chaque chose ailleurs

Hier sera pire que demain

Une charentaise rampait vers moi dans l’atelier.
Je l’ai tuée à coups de hache

Quand je m’avance vers vous l’écart se précise

Je pense que ça plaira à ma clientèle :
j’ai fait un beau bouquet de peurs

Mieux vaut un cauchemar bien à soi que le rêve d’un autre

En dehors de celle du désespoir, je n’ai aucune énergie

Un adulte est un enfant couvert de cicatrices

Parler à la souris, à la fourmi, à la sauterelle ou l’oiseau, le
dialogue est facile … Avec mon voisin, la difficulté commence

L’atelier est le labyrinthe de mes contradictions
où je fais commerce de tristesse en gardant le sourire

J’ai encore craché un tableau comme un noyau

Comment dessiner un œuf ? Premièrement, dessiner un coq.
Deuxièmement dessiner une poule. S’armer de patience et attendre

Ne me frappez pas au visage, les souvenirs s’en chargent

Je respire où les autres étouffent, j’étouffe où les autres respirent

Horloger de ses peurs, il réparait des monstres

J’ai du désespoir à revendre, je peux même vous faire des prix

Comme tous les ruminants, il se peut que je me répète. Mille excuses …

Louis Pons

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