27.05.2009

les mains sales

Je peins sur des toiles parce que la surface des cavernes se raréfie.
J'attends, en deçà du langage. Je m'efforce

 

 

La peinture reste un territoire, laboratoire de recherche où je gratte et me dépouille à défaut de m’épouiller conjointement.

La peinture est le seuil de la solitude et de la rencontre.

 

Je peins en toute imbécillité et me garde des conforts esthétiques qui me traquent : malgré ces précautions, je dois sans cesse perdre, dépouiller, alarmer.

La peinture , l’art est un éveil, et les artistes sont des (é)veilleurs.

Entre insomniaques .

Amis – ma famille, artistes morts ou vivants,  partagent avec moi ce reste inqualifiable, irréductible,  arrachements des êtres en sursis, en nouveaux-nés –antédiluviens .

balayer ces territoires abandonnés.

Comme la charge qui nous reviendrait ?

 

Créer, c’est peut-être endosser la liberté dans un costard usagé, et peindre serait une vaste entreprise de pressing, je m’échine à déborder le signe déjà inscrit, récupérer la genèse. Bien sûr il faut être fou, mais c’est l’illusion nécessaire ou quoi de vivable ?

Je m’arrache des signes dans un espace dont je serais responsable, rien ne me l’indique, rien ne m’empêche de me rassurer à l’abri d’un cadre. Mais je m’ennuie très vite, agnostique ? les questions abondent : et avant, c’était comment, et avant-avant ? la source ? Finalement me sens mystique, mais non, les dogmes. Un mot posé ? Non, impossible, il se dérobe. Je n’ai fait que le circonscrire, merde, je voudrais peindre RIEN, mais non, ça aussi révèle une impasse,

 

 

Peinture trompe-la-mort ? Bien sûr, heureuse mort, ou bien je ne trouverais jamais un format pour finir mes toiles ! mais quand-même,. On ne sait jamais ?

 

Peindre, juste peindre

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